Soustraire est un travail de recherche en design sur les pratiques soustractives appliquées à la matière, aux objets et aux usages.
Ce travail ne propose pas un retour en arrière mais cherche à éplucher des modes de vie dominants qui se saturent inlassablement d’objets et de matière et provoquent l’épuisement. Il vise aussi à établir la soustraction comme un outil permettant de produire des réponses valables.

MAISON SOUSTRAIRE

19.10 > 13.12.2020 RUE NEYRON - SAINT-ÉTIENNE

Maison Soustraire s’appuie sur l’hypothèse d’une réalité toute proche dans laquelle la baisse des moyens matériels transformerait nos environnements domestiques et les objets qui les composent. Cette possibilité m’a conduite à tester les restes et traces d’un mode de vie actuel comme de nouvelles formes praticables.

Vue salle de bain, fin du projet expérimental, février 2021.

«La notion de soustraction me travaille et je travaille Soustraire en tant que designer depuis quelques années. Grâce à l’invitation du Deep design lab du pôle recherche de la Cité du Design à Saint-Etienne et au soutien de l’Ecole Urbaine de Lyon, j’ai expérimenté Maison Soustraire d’octobre à décembre 2020. 8 semaines pour retirer 2/3 de la matière des 112 objets qui constituaient mon lieu de vie – un appartement de la rue Neyron à Saint-Etienne.

Cela, pour disséquer un à un, les objets qu’une société contemporaine occidentale propose et questionner un mode de vie qui se construit sans doute autour de ceux-ci. J’ai habité les différentes réalités matérielles successives de cet environnement domestique en ruine. Mon chien s’est joint à moi, je faisais usage de 109 objets et lui de 3.»

Mathilde Pellé

La phase expérimentale du projet Maison Soustraire est terminée. La matière documentaire, les objets, les images, séquences, textes, sons et ressentis produits sont des témoins de cette expérience mais aussi une matière singulière qui doit encore être sondée et travaillée. Un film, des pièces à exposer, des articles sont en cours d’élaboration.

ACTUALITÉ

Pendant le temps de résidence, vous pouvez me contacter par courrier à l’adresse suivante :
 
Hangar Cap Moderne – CMN
Mathilde Pellé
Esplanade de la Gare
Avenue Le Corbusier
06190 Roquebrune Cap-Martin

me SOUSTRAIRE

RÉSIDENCE SEPTEMBRE-OCTOBRE 2021
SITE CAP MODERNE ROQUEBRUNE CAP-MARTIN
ASSOCIATION EILEEN GRAY . ETOILE DE MER . LE CORBUSIER

Suite à son appel à résidence pour la saison 2021, l’Association Eileen Gray . Etoile de mer. Le Corbusier – en partenariat avec le Conservatoire du Littoral, propriétaire du site, et le Centre des Monuments nationaux en charge de sa gestion – a retenu la candidature de la designer Mathilde Pellé. Elle sera accueillie sur le site de Cap Moderne du 6 septembre au 31 octobre 2021, pour y développer son projet de recherche Soustraire.

Ce temps de résidence, qui s’intitule «me Soustraire» lui permettra de séjourner au sein du site historique, dans cet environnement naturel coupé de l’habituel, là où d’autres avant elle, sont venus chercher une villégiature, provoquer la frugalité et cultiver un autre quotidien. «J’aimerais me soustraire un moment, pour travailler Soustraire.Si je me plonge un temps avec ma démarche ici, ce sera pour former un écho avec l’histoire du lieu : y habiter et y travailler simplement.»

Poursuivant ainsi ses projets sur la soustraction de matière et d’objets domestiques, Mathilde Pellé profitera de ces deux mois pour opérer un détachement technologique et vivre sans téléphone personnel, sans ordinateur et sans internet. Elle observera les stratégies et les modifications du quotidien qui en découlent et en restituera l’expérience par le biais d’un article. Présupposant que l’absence d’outils technologiques la ramènera à une socialité plus directe, liée à ses rencontres effectives sur le territoire, et qu’en se rendant d’une certaine façon indisponible au lointain, elle sera plus disposée a vivre l’immédiateté de son environnement.

Au delà de cette enquête qui enveloppe son temps de résidence/retraite, elle s’emploiera d’une part à réaliser une première restitution de son projet Maison Soustraire qui sera présentée lors de la Biennale Internationale Design Saint-Étienne 2022 ; d’autre part à développer et opérer un travail manuel de soustraction de matière sur de grands panneaux échantillons de tissus.Ces deux pratiques, l’une de la pensée, l’autre du geste, devraient lui permettre de développer les multiples aspects de son projet de recherche. Les hypothèses abordées : mettre en doute une présence, assumer le dépouillement d’une forme, reconfigurer sans ajouter, visent toutes à exercer le moins, un potentiel sous-estimé, qui est pourtant une direction comme une autre à sonder.