19.10 > 13.12.2020
RUE NEYRON - SAINT-ÉTIENNE

Maison Soustraire s’appuie sur l’hypothèse d’une réalité toute proche dans laquelle la baisse des moyens matériels transformerait nos environnements domestiques et les objets qui les composent. Cette possibilité nous pousse à questionner les restes et les traces que produirait un mode de vie actuel.

«La notion de soustraction me travaille et je travaille Soustraire en tant que designer depuis quelques années. Grâce à l’invitation du Deep design lab du pôle recherche de la Cité du Design à Saint-Etienne et au soutien de l’Ecole Urbaine de Lyon, j’expérimenterai ces prochains mois Maison Soustraire. 8 semaines pour retirer 2/3 de la matière des 112 objets qui constituent mon lieu de vie – un appartement de la rue Neyron à Saint-Etienne.

Cela, pour disséquer un à un, les objets qu’une société contemporaine occidentale propose et ainsi questionner les traces d’un mode de vie qui se construit sans doute autour de ceux-ci. J’habiterai les différentes réalités matérielles successives de cet environnement domestique en ruine. Mon chien se joint à moi, je fais usage de 109 objets et lui de 3.»

Mathilde Pellé

Un projet de recherche

Le projet expérimental Maison Soustraire aura lieu  du 19 octobre au 13 décembre 2020.   La designer Mathilde Pellé vivra dans un appartement du territoire de Saint-Étienne. Pendant 8 semaines, la matière de objets présents dans son lieu de vie sera amenée à être soustraite progressivement, ce qui entraînera une reconfiguration continue de l’espace, des objets eux-même et des usages.En présence d’un tiers de matière restante, elle cherchera les limites matérielles des objets, des usages et testera les formes successives de fonctionnalité de son habitat.

La designer dessinera et mettra elle-même en œuvre les soustractions. Un atelier sera installé sur place et elle pourra aussi se tourner vers des entreprises ou des artisans stéphanois spécialisés.

L’arbitrage des soustractions − quels objets sont diminués− sera dirigé par des citoyens qui auront la possibilité de soumettre leurs choix sur ce site internet via le formulaire. Semaine après semaine, face à la liste d’objets présents dans l’espace domestique, il leur faudra répondre à cette question «− De quoi l’habitante peut se passer?» mais aussi questionner leur propre habitat «− Chez vous, de quoi avez vous le plus besoin?».

Un dispositif expérimental ouvert.

La maison investie est un laboratoire pluridisciplinaire, qui produira des objets ainsi que de la matière théorique et documentaire. En précipitant la ruine d’un habitat et en agissant de façon liée sur la matière, les formes et les usages, l’expérimentation cherche à mettre en évidence les ruissellements qui existent entre les objets, l’habitat et nos ressources. Des actions et études spécifiques de chercheurs viendront compléter l’approche de la designer et former une analyse complète de l’expérimentation.

Une restitution de l’expérimentation sera proposée au public de la Biennale Internationale Design Saint-Étienne 2021.

L'ÉQUIPE :

• Mathilde PELLÉ – designer indépendante, porteuse du projet Maison Soustraire. En parallèle d’une activité de production de formes (objets, lieux, …), elle développe depuis 2016 Soustraire, un projet de recherche qui s’intéresse aux actions soustractives appliquées à la matière, aux objets et aux usages. Ce travail lui permet de poser assidûment cette question «Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que moins?» Elle collabore depuis fin 2019 au Deep Design Lab du Pôle Recherche de la Cité du Design, à Saint-Étienne.

chercheurs, étudiants et artistes associés :

• Jérémy CHEVAL – architecte et chercheur E.U.L.

• Étudiants du Master 1 Géographies Numériques (GéoNum) – Universités Lyon 2, Jean Monnet St-Étienne & ENS Lyon, dirigé par Thierry JOLIVEAU – professeur de géographie et avec Clémentine PÉRINAUD – A.T.E.R.  en Géographie-Aménagement.

• Étudiants du Master Design de la transition – EESAB Brest, dirigé par Xavier MOULIN – designer et Morwena NOVION – théoricienne du design.

• Jean-Marc DI TROCCHIO – psychologue clinicien & Jean-Baptiste DESVEAUX – docteur en psycologie

Cuillère la preuve par 1/3. Mathilde Pellé 2017 - collection du CID au Grand-Hornu.

Crée en septembre 2019, le “Deep Design Lab ― Explorations profondes des matérialités et des représentations visuelles de l’Anthropocène est un studio de design-recherche à la Cité du design Saint-Étienne, en collaboration avec l’École urbaine de Lyon. Il explore des artefacts qui organisent les relations entre l’Homme occidental et la nature dans le cadre du concept d’Anthropocène ― concept qui désigne l’activité humaine comme puissance géologique. Le terme « deep » renvoie à un design « profond » qui défie la vision moderne et coloniale du design (et du monde). En questionnant la performativité du design et sa capacité à créer des valeurs sociales et politiques, les projets menés au sein du “Deep Design Lab” cherchent à générer, à travers des objets et des images, des attitudes non-anthropocentriques.

L’École Urbaine de Lyon, portée par l’Université de Lyon, est un programme « Institut Convergences » créé en juin 2017 dans le cadre du Plan d’Investissement d’Avenir par le Commissariat Général à l’Investissement. À travers son projet interdisciplinaire expérimental de recherche, de formation doctorale et de valorisation des savoirs scientifiques, l’École urbaine de Lyon ambitionne d’innover en constituant un domaine nouveau de connaissance et d’expertise : l’urbain anthropocène.

 

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Ce travail a bénéficié d’une aide de l’Etat gérée par l’Agence Nationale de la Recherche au titre du programme d’investissements d’avenir portant la référence ANR 17-CONV-0004.